Les hormones du sommeil


Hormones du sommeil

Au moins pour les femmes, c’est une évidence que l’imprégnation hormonale influence les nuits. Il n’est que de penser aux perturbations de la ménopause qui sont décrites comme une tempête hormonale et aussi à l’allongement des nuits qui deviennent souvent moins reposantes au cours des jours qui précèdent les règles. Certaines femmes ont également du mal à dormir au cours des jours qui succèdent aux règles. En effet, la progestérone endort alors que les œstrogènes réveillent. Mais il suffit de réfléchir pour penser à d’autres hormones : en cas d’hyperthyroïdie, l’insomnie est majeure, de même quand on prend trop d’hormone thyroïdienne. De même, en cas de stress, nous fabriquons plus de cortisol et nous ne fermons plus l’œil de la nuit ! Idem en cas de traitement par la cortisone.  De plus, il existe une autre hormone récemment découverte, en réalité une neuro-hormone appelée l’hypocrétine (ou orexine) qui nous permet de rester éveillés. Mais pourtant c’est sans doute la mélatonine qui reste la star des hormones du sommeil. Cette fameuse mélatonine que nous fabriquons à partir de la sérotonine. 

Nous sommes des animaux diurnes et nous obéissons à des rythmes de 24 heures appelés rythmes circadiens . Pour ce faire, nous avons dans le cerveau des horloges ou oscillateurs dont les deux principales sont les noyaux supra-chiasmatiques (pardon pour le barbarisme) et l’épiphyse ou glande pinéale. Là où le philosophe Descartes avait situé le siège anatomique de l’âme. Mais malheureusement, nos horloges ont tendance à prendre du retard et il faut donc que des horlogers les remettent à l’heure tous les jours. Nos « donneurs de rythme » sont appelés synchroniseurs. Notre grand horloger, celui qui de loin est le plus efficace dans l’espèce humaine est la lumière ou plutôt l’alternance clarté/obscurité. Enfin, le tic-tac de notre organisme est matérialisé par les variations de notre température corporelle. En effet, nous disposons tous d’un véritable thermostat, comparable à celui qui règle notre chauffage central, ce qui permet à notre température de monter le matin et de descendre la nuit. 

Mieux la température monte le matin et plus nous avons la forme : nous sommes bien réveillés, performants sur le plan physique et intellectuel et nous sommes de bonne humeur. Mieux la température descend le soir et au cours de la nuit et plus nous dormons profondément et plus nous produisons du sommeil à ondes lentes, seul moment où notre organisme fabrique de l’hormone de croissance (autre hormone liée au sommeil). Ceci explique que nos grands-mères avaient raison quand elles disaient que les enfants grandissent en dormant et aussi que « c’est le sommeil d’avant minuit qui compte » puisque c’est au cours des trois premières heures de sommeil que les adultes produisent de l’hormone de croissance qui nous permet de sentir que notre sommeil est réparateur, de cicatriser, de consolider nos souvenirs, etc. 

Même si la lumière a un rôle prépondérant qui tend à écraser les autres horlogers, il en existe d’autres qui ont malgré tout une certaine influence sur nos nuits : la vie sociale, le bruit, etc. Les aveugles complets qui n’ont aucune perception visuelle lumineuse sont obligés de faire appel à ces autres horlogers mais force est de constater que ceux-ci ne sont pas très puissants puisque l’immense majorité des non-voyants souffre d’importants troubles du sommeil du fait d’une grande difficulté à avoir des rythmes circadiens stables. 

C’est depuis 1982 que nous savons que la sécrétion de la mélatonine n’est pas liée au sommeil mais à la baisse de luminosité. En réalité, la mélatonine n’est pas un somnifère mais un signal. C’est elle qui informe notre organisme que cela va bientôt être l’heure d’aller se coucher. Au fur et à mesure que le crépuscule avance, que l’obscurité s’installe, notre cerveau fabrique de la mélatonine dont le message est un peu comme celui du marchand de sable : « dans deux heures environ, il va falloir que tu penses à te mettre au lit. »

En revanche, si nos yeux ne perçoivent pas de baisse de luminosité, pas de sécrétion de mélatonine ! Ce sont en effet des récepteurs qui se trouvent sur la rétine qui relaient l’information lumière/obscurité. Ces récepteurs rétiniens sont sensibles à la lumière blanche et plus encore à la lumière bleue. Il est donc extrêmement important au cours de la soirée de ne pas s’exposer à des sources de lumière bleue qui sont une des causes des difficultés à s’endormir dont nos contemporains souffrent de plus en plus. 

Vous devez donc bannir de vos soirées et plus encore de vos chambres les tablettes, écrans d’ordinateurs, téléphones portables et aussi, les fameuses petites diodes bleues dont tant de nos appareils sont affublés. Seule la télévision au salon est tolérable car lointaine et produisant en général moins de bleu. 

De toute manière, il faut bannir des chambres à coucher tout appareil producteur d’image et de lumière. Interdire à nos enfants et adolescents de dormir à côté de leur téléphone dont l’innocuité est loin d’être prouvée. 

Le lit, c’est fait pour s’aimer, dormir et aussi… obéir à notre mélatonine !

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30/11/2016 - Tout connaitre sur le sommeil Partages Facebook : 0 Partages Twitter :