Retours du congrès du sommeil


Retours du congrès du sommeil

Le congrès annuel du sommeil organisé par la S.F.R.M.S1 s’est déroulé cette année à Nantes du 19 au 21 novembre 2015. Il a rassemblé plus de 2600 personnes : professionnels de la santé, chercheurs, décideurs publics, associations de patients et industriels.

Extrait de la session : Dormons-nous assez ?

Entre confirmations et remise en cause…

  • Quelle est la durée moyenne du sommeil en France?

L’un des premiers constats à nouveau mis en évidence au cours de ce congrès, c’est que la durée de notre sommeil a significativement diminué au cours des dernières décennies. C’est l’évolution de notre mode de vie sociétal qui en serait responsable.

En France la durée moyenne de sommeil est de 6h55 par nuit mais 36% dorment moins de 6 h par nuit en semaine et 12% le weekend.

Des données similaires ont été rapportées aux Etats-Unis, en effet le sommeil des adultes américains a diminué de plus de 1 heure 30 au cours de ces 50 dernières années.

  • Quelle devrait être la durée optimale de notre sommeil?

Les besoins de sommeil sont individuels, ils dépendent de 3 composantes : physiologique, psychologique et sociale.

Tout le monde s’accorde à dire que la durée de sommeil nécessaire est la durée seuil permettant d’avoir une santé optimale. Bien évidemment les critères tels que l’âge, le sexe, les facteurs génétiques, l’organisation sociale (vie familiale, lieu de vie, exposition à la lumière naturelle…) ont des conséquences sur cette santé optimale recherchée.

Les américains ont publiés il y a quelques mois, de nouvelles recommandations sur la durée optimale du sommeil qu’il faudrait respecter en fonction des tranches d’âge, par exemple :

  • 8 à 10 heures chez l’adolescent (14-17 ans)
  • 7 à 9 heures chez le jeune adulte (18-25 ans) et l’adulte (26-64 ans)
  • 7 à 8 heures à partir de 65 ans

Il a également été ajouté à ces recommandations sur la durée optimale du sommeil, des seuils qui peuvent avoir un impact sur la santé lorsqu’ils ne sont pas atteints ou dépassés. Ainsi ces seuils sont les suivants :

  • Moins de 7 heures ou plus de 11 heures pour l’adolescent
  • Moins de 6 heures ou plus de 11 heures chez le jeune adulte
  • Moins de 6 heures ou plus de 10 heures chez l’adulte
  • Moins de 5 heures ou plus de 9 heures à partir de 65 ans

En conclusion, les seuils évoluent au cours de la vie et dormir trop ne veut pas dire rester en « bonne santé ».

  • Ces données sur la durée optimale du sommeil pourraient-elles être remises en cause ?

Une nouvelle étude sur le sommeil de peuples vivants en Tanzanie, en Namibie et en Bolivie a récemment été publiée.

Celle-ci a jeté le trouble car elle remet en cause ces données sur la durée optimale du sommeil.

En effet, dans cette très sérieuse étude - conduite par J. SIEGEL – les populations étudiées habitent des contrées éloignées les unes des autres et ne sont pas impactées par les contraintes et les moyens de communications de notre époque (pas de réseaux électriques, pas d’horaires de travail, pas d’outils connectés…). Ces peuples n’ont donc pas été soumis aux évolutions sociétales de notre ère moderne et pour autant, leurs paramètres du sommeil sont similaires aux nôtres, ils ne dorment pas plus que nous.

Les constats faits par les chercheurs indiquent des durées de sommeil allant de 5h42 à 7h06 alors que les données dans la population française s’établissent à 6h55.

A noter également que malgré l’absence d’électricité, ces populations des contrées d’Afrique et d’Amérique du sud, ne s’endorment pas immédiatement après le coucher du soleil mais en moyenne 3 heures après, et ils se réveillent avant le lever du jour.

Autre fait troublant : une quasi absence d’insomnie (un peu moins de 2%) alors qu’aux États Unis ce pourcentage est dix fois supérieur. Enfin le rôle de la température naturelle de l’environnement semble primordial puisque ces populations dorment en moyenne une heure de plus l’hiver qu’en été, ce qui n’est pas tout à fait le cas chez nous puisque nous avons la possibilité de modifier la température de notre environnement via le chauffage de la chambre par exemple.

Cette étude interroge donc sur les arguments avancés au cours des dernières années sur les bonnes conduites à  tenir et le temps de sommeil nécessaire. D’autres études de plus grande ampleur devraient donc être menées sur le sujet pour comprendre ces différences observées dans des populations particulières.

  • Quelles peuvent être les conséquences métaboliques d’un manque de sommeil ?

Un lien entre manque de sommeil et prise de poids avait déjà été mis en évidence. Des données confirmant ce lien ont été présentées au cours de ce congrès. En effet, dans des études il a été montré qu’une restriction de sommeil pouvait engendrer des modifications de la synthèse d’hormones impliquées dans la régulation de l’appétit et être à l’origine de l’augmentation de la prise alimentaire.

Inversement, dans une étude chez des patients obèses et courts dormeurs, l’augmentation de la durée de leur sommeil a permis de mettre en évidence , entre autres :

  •  une diminution du risque de prise de poids
  • une diminution de l’appétit pour les aliments à haute densité énergétique
  • une diminution des grignotages…

Il a également été confirmé que l’hygiène de vie est à mettre en relation avec la qualité de notre sommeil. Plus que jamais mangeons équilibré, faisons du sport, ayons une bonne hygiène de vie afin de favoriser le sommeil récupérateur.
 

1Société Française de Recherche et de Médecine du Sommeil 

2 Watson NF, Badr MS, Belenky G, et al. Recommended amount of sleep for a healthy adult: a joint consensus statement of the American Academy of Sleep Medicine and Sleep Research Society. Sleep 2015;38:843–4.

 

Patrick Lesage

Patrick Lesage
Sophrologue spécialisé en gestion sommeil et vigilance

 

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19/01/2016 - Tout connaitre sur le sommeil Partages Facebook : 0 Partages Twitter :