Garder les pieds sur terre pour comprendre les rêves


Garder les pieds sur terre pour comprendre les rêves

Pour décrypter les phénomènes qui se passent dans notre sommeil les approches sont de plus en plus scientifiques. Ainsi, les interprétations des rêves que l’on peut encore  trouver dans quelques dictionnaires dédiés à ces songes, font place à des analyses plus rationnelles. 

Il était classique de dire que les rêves se passent uniquement dans le sommeil paradoxal 1.  Or les avancées scientifiques ont démontré que l’on rêve dans d’autres stades du sommeil ;  et dans ce cas il n’y a pas souvenir de ces rêves au petit matin. La forme et le fond des récits rapportés par les rêveurs donnent des indications sur ces stades. En effet, les propos sont plus longs et plus riches lorsqu’ils se réfèrent à un rêve qui s’est produit en sommeil paradoxal.

Les rêves qui associent pensées, sensations, émotions se réapproprient certaines séquences vécues en les réinterprétant avec plus ou moins de justesse. Ce qui a été vécu dans la journée peut ressurgir pendant la nuit mais avec une confrontation au passé, à des événements antérieurs d’où une possible transcription peu fidèle.

Des aveugles voient, des sourds entendent et des paraplégiques marchent2

Des chercheurs ont étudié les rêves de personnes privées dès la naissance d’un sens (vue, audition, parole) ou d’une capacité motrice (paraplégiques ou amputés). Les résultats très surprenants ont montré que ces personnes dépourvues de certaines capacités physiques lèvent ces handicaps dans leurs rêves en vivant une autre réalité.  Comment expliquer qu’une personne ayant une mobilité restreinte ou totalement incapable de se mouvoir marche lorsqu’elle rêve, comment des aveugles et malvoyants voient, que des sourds et muets chantent ? Cela reste encore un mystère aujourd’hui.

Autres formes particulières de rêves

Parmi les phénomènes courants que l’on peut qualifier de rêve3, on trouve les hallucinations, les terreurs nocturnes, les crises de somnambulisme, les cauchemars, les troubles du comportement en sommeil paradoxal. 
Ces « rêves » sont très différents car au-delà du moment où ils se produisent ils se distinguent par l’âge des individus chez qui ils se produisent, leur nature plus ou moins extraordinaire, les phénomènes corporels qu’ils engendrent…
Ainsi les hallucinations – en général de courte durée - arrivent lorsque l’on passe de l’éveil au sommeil le soir et inversement le matin. 
Les terreurs nocturnes et les crises de somnambulisme sont perceptibles en début de nuit, lors du sommeil lent et concernent plutôt les enfants, adolescents voire jeunes adultes. 
Les cauchemars (qui sont de mauvais rêves) et les troubles du comportement en sommeil paradoxal (TCSP) arrivent en seconde partie de nuit. A noter que les TCSP, qui sont des cauchemars agités avec gestes brutaux voire accès de violence,  sont plutôt constatés chez les hommes de plus de 50 ans.  
Pour tenter d’élucider ces parasomnies4 le recours à des enregistrements vidéo (par caméras infrarouges), peut-être utile. De même la traçabilité de l’activité électrique du cerveau5 permet de connaitre avec précision le stade du sommeil au cours duquel tel ou tel rêve s’est déroulé. 

La progression sur la compréhension des rêves est donc évidente cependant bien des mystères demeurent.

Ainsi on tente toujours d’élucider :

  • Pourquoi sommes-nous marqués par certains rêves en particulier, pas très fréquents il est vrai, mais très étranges comme celui de voler dans les airs, se perdre ses dents, de se retrouver nu à l’extérieur… ?
  • Pourquoi certains se souviennent de leurs rêves et pas d’autres ?
  • Est-ce que les cauchemars sont vraiment des exutoires pour assimiler une période difficile ?
  • Les travaux se poursuivent et les chercheurs rêvent d’élucider ces songes5.

Le saviez-vous ?6,7

  • Les personnes qui rêvent le plus, comptabilisent 2 fois plus de phases de réveils pendant leur sommeil.
  • Les adultes se souviennent en moyenne de 1 à 2,8 rêves par semaine.
  • Les femmes se souviennent plus de leurs rêves que les hommes.
  • 2,7 à 6,5% des adultes rapportent ne jamais se souvenir de leur rêves
  • On a 80% à 90% de chance de se souvenir de notre rêve si on est réveillé subitement en sommeil paradoxal et 50 à 74% si on est réveillé dans les autres stades du sommeil
Patrick Lesage

Patrick Lesage
Sophrologue spécialisé en gestion sommeil et vigilance

 

Définitions et références :

  1. Stade du sommeil au cours duquel l’activité électrique du cerveau est proche de celle de la journée alors que le corps est complétement atone
  2. Une fenêtre sur les rêves. Isabelle Arnulf (Odile Jacob) 2014
  3. Pris dans son acception ‘activité mentale du cerveau se rapportant à des histoires plus ou moins élaborées’.
  4. Phénomènes non souhaités qui polluent le sommeil
  5. Via des électrodes posées sur le cuir chevelu
  6. http://www2.cnrs.fr/sites/communique/fichier/cp_ruby_120214bis.pdf
  7. J Sleep Res. (2015) 24, 602–609

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06/12/2016 - Tout connaitre sur le sommeil Partages Facebook : 1 Partages Twitter :